Au fil des mots
samedi 1 juin 2013
«La fourmi et la cigale» de Françoise Sagan
La fourmi, ayant stocké
Tout lʼhiver
Se trouva fort encombrée
Quand le soleil fut venu :
Qui lui prendrait ces morceaux
De mouches ou de vermisseaux ?
Elle tenta de démarcher
Chez la cigale sa voisine,
La poussant à sʼacheter
Quelque grain pour subsister
Jusquʼà la saison prochaine.
«Vous me paierez, lui dit-elle,
Avant lʼaoût, foi dʼanimal,
Intérêt et principal.»
La cigale nʼest pas gourmande :
Cʼest là son moindre défaut.
«Que faisiez-vous au temps froid ?
Dit-elle à cette amasseuse ?
-Nuit et jour à tout venant
Je stockais, ne vous déplaise.
- Vous stockiez ? Jʼen suis fort aise ;
- Eh bien ! Soldez maintenant.»
Amusez-vous, vous aussi, à ré-écrire «La cigale et la fourmi» de Jean de Lafontaine à
votre manière....
dimanche 19 mai 2013
La fourmi et la cigale par Dodo
Mademoiselle Cigale s’étant privée tout l’hiver,
Se trouva fort récompensée
Lorsque le soleil revint enfin.
Plus un seul bourrelet de graisse.
Elle alla crier victoire
Chez la grosse Fourm’ sa voisine,
La priant de l’admirer
En mini et en maillot,
Comparant l’air de rien
Leurs deux tours de taille.
La grosse Fourm’ est très gourmande
C’est là son moindre défaut,
Elle regarde imperturbable
Sa voisine se trémousser.
«Que faisiez-vous aux temps froids ?»
Dit-elle à l’anorexique
«Je jeûnai ne vous déplaise»
«Vous jeûniez ! J’en suis fort aise,
Mais sachez que cette année,
Les rondes sont mises à l’honneur.
Frimez si vous voulez,
Et allons déjeuner
De tartiflette, vous n’aurez point,
Pour vous quelques légumes bouillis
Feront bien l’affaire.»
La fourmi et la cigale par Adèle
Intermittente du spectacle,
la cigale est bien embétée,
elle n'a que 50 cachets contre 51 officiels à posséder
l'année terminée.
Elle alla à pole emploi
pour trouver un dernier contrat
et valider ses droits.
Là ,la fourmi lui fit remplir des tonnes et des tonnes de papiers
et pour finir,de lui avouer qu'ici aucun travail elle ne trouverait!
"-mais si vous voulez travailler,lui dit elle , venez m'aider!
et de tout ces papiers,et de tout ces insectes affamés,
très inspirée vous serez et grand spectacle vous ferez!
Ainsi,tout le monde verra
qu'on est bien dans l'caca
ici à "pole emploi".....
jeudi 9 mai 2013
La fourmi et la cigale par Michèle
La cigale,
ayant grelotté
Tout
l’hiver
Se trouva
bien aise
Quand le
soleil la réchauffa
Elle alla
crier sa joie
Chez la
fourmi sa voisine
La priant
de lui prêter
Main forte
pour chanter avec elle
Jusqu’à la
fin de l’été
Vous serez
payée mille fois, lui dit-elle
Dès juin,
foi d’animal
Par la joie
que vous en récolterez,
La fourmi
est obsédée par le travail
C’est là
son grand handicap
Que
faisiez-vous l’été dernier ?
Dit-elle à
cette tentatrice
Je
chantais, bien sûr,
Soir et
matin, ne vous déplaise
Vous chantiez ?
Heureuse vous êtes,
Et bien,
Apprenez-moi,
vous voulez bien ?
mercredi 1 mai 2013
Le portrait chinois....
Si jʼétais une pièce sur lʼéchiquier
Je serai le fou, sans hésiter
Toujours à boiter en diagonale
Dans une attitude bancale
Pendant que les pions marchent droit
Vers on ne sait où, on ne sait quoi.
Si jʼétais la porte dʼune pièce
Je serai celle qui mène à la liesse
Toujours entrebâillée, offerte
A lʼallégresse et aux airs de fête
Pendant que des tonnes de pessimistes
Foncent droit dans le mur de leur air triste.
Si jʼétais la serrure dʼune porte
Je laisserais passer le soleil et le vent
Toujours à accepter la cohorte
Des clés qui ouvrent sur le bonheur dʼentrer
Pendant que certains verrous se ferment
Sur les libres-pensées et y mettent un terme............(Fabien Fernandes alias Elvis Trélaid)
Et vous ? Si vous étiez :
Une musique...
Un paysage...
Un arbre...
Une fleur...
Un animal....
Un plat cuisiné...
Que seriez-vous ? Et dîtes pourquoi de manière poétique.... et élégante..
Je serai le fou, sans hésiter
Toujours à boiter en diagonale
Dans une attitude bancale
Pendant que les pions marchent droit
Vers on ne sait où, on ne sait quoi.
Si jʼétais la porte dʼune pièce
Je serai celle qui mène à la liesse
Toujours entrebâillée, offerte
A lʼallégresse et aux airs de fête
Pendant que des tonnes de pessimistes
Foncent droit dans le mur de leur air triste.
Si jʼétais la serrure dʼune porte
Je laisserais passer le soleil et le vent
Toujours à accepter la cohorte
Des clés qui ouvrent sur le bonheur dʼentrer
Pendant que certains verrous se ferment
Sur les libres-pensées et y mettent un terme............(Fabien Fernandes alias Elvis Trélaid)
Et vous ? Si vous étiez :
Une musique...
Un paysage...
Un arbre...
Une fleur...
Un animal....
Un plat cuisiné...
Que seriez-vous ? Et dîtes pourquoi de manière poétique.... et élégante..
mardi 30 avril 2013
Le portrait chinois par Mathias
Si j'étais militaire
Je tiendrais mon arme automatique contre mon cœur
Je m'en servirais souvent contre d'autres hommes
Je viderais mon chargeur sur des corps tendres, au son des os qui se brisent
Je pulvériserais les têtes qui dépassent
J’obéirais aux ordres
Et à la fin de ma vie je me maudirais pour ce que j'ai fait
A la fin de l'histoire, du fond d'un tiroir ancien et oublié
Dans ma chambre, je sortirais une de mes vieilles grenades à goupilles
Et pour me libérer...
Je me ferais sauter
Si j'étais fonctionnaire d'une compagnie républicaine de sécurité
Je tiendrais mon bouclier devant mon cœur
Je marcherais un bâton à la main
Je frapperais sur le cuir vivant d'autres hommes
J'ouvrirais les chaires à la force de mes coups
Je serais félicité pour cela
Je vivrais de l'oppression des nantis sur les simples hommes
J’obéirais aux ordres
Et à la fin de ma vie je me maudirais pour les coups que j'ai donné et puis pour les cris aussi...
A la fin de l'histoire, je monterais sur l'arc de triomphe
Je me mettrais au bord tout en haut
Et pour me libérer...
Je me ferais sauter
Si j'étais Obama
Je tiendrais ma liste d'assassinat dans la poche de mon parfait veston, près du cœur
Chaque jour je renouvellerais cette liste interminable d'hommes à tuer
D'un claquement de doigts mon administration et mes hommes organiserons ma tuerie quotidienne
Chaque jour mes drones survolerons impunément des territoires souverains
Chaque jour je ferais de mon pays un pays maudit
Et à la fin de ma vie je me maudirais pour tous ceux que j'ai fait tué tout ce temps
A la fin de l'histoire, seul, dans un champs de maïs OGM Monsento traité aux nitrates et pesticides
Je poserais le canon d'un magnum 357 sur ma tempe
Et pour me libérer...
Je me ferais sauter
Si j'étais l'amour...
Oh ouiiiiiiiiii... et si j'étais une femme !
Je commencerais par la fin de l'histoire de celles et ceux qui sont pour toujours maudits
Je saurais que l'essentiel c'est d'aimer les autres
D'aimer leurs différences
D'aimer ceux qui parlent et vivent librement
Que l'important est de garder mon esprit ouvert
Et puis je ne vivrais pas que de bons mots sur l'amour
Je vivrais d'abord l'amour dans ma chaire
Le plus souvent possible et partout où cela est bien
Sur mon lit dans ma chambre
Je me ferais sauter
Sur l'arc de triomphe tout en haut en regardant Paris
Je me ferais sauter
Dans un champs de fleurs sauvages au printemps d'un soleil doré
Je me ferais sauter
Pour tous les maudits de la Terre, leur inconscience, leur tristesse, leur inhumanité... je ferais l'amour avec mon cœur et j'aimerais la vie, et tout l'univers du vivant tous les jours jusqu'au soir de ma vie.
Je tiendrais mon arme automatique contre mon cœur
Je m'en servirais souvent contre d'autres hommes
Je viderais mon chargeur sur des corps tendres, au son des os qui se brisent
Je pulvériserais les têtes qui dépassent
J’obéirais aux ordres
Et à la fin de ma vie je me maudirais pour ce que j'ai fait
A la fin de l'histoire, du fond d'un tiroir ancien et oublié
Dans ma chambre, je sortirais une de mes vieilles grenades à goupilles
Et pour me libérer...
Je me ferais sauter
Si j'étais fonctionnaire d'une compagnie républicaine de sécurité
Je tiendrais mon bouclier devant mon cœur
Je marcherais un bâton à la main
Je frapperais sur le cuir vivant d'autres hommes
J'ouvrirais les chaires à la force de mes coups
Je serais félicité pour cela
Je vivrais de l'oppression des nantis sur les simples hommes
J’obéirais aux ordres
Et à la fin de ma vie je me maudirais pour les coups que j'ai donné et puis pour les cris aussi...
A la fin de l'histoire, je monterais sur l'arc de triomphe
Je me mettrais au bord tout en haut
Et pour me libérer...
Je me ferais sauter
Si j'étais Obama
Je tiendrais ma liste d'assassinat dans la poche de mon parfait veston, près du cœur
Chaque jour je renouvellerais cette liste interminable d'hommes à tuer
D'un claquement de doigts mon administration et mes hommes organiserons ma tuerie quotidienne
Chaque jour mes drones survolerons impunément des territoires souverains
Chaque jour je ferais de mon pays un pays maudit
Et à la fin de ma vie je me maudirais pour tous ceux que j'ai fait tué tout ce temps
A la fin de l'histoire, seul, dans un champs de maïs OGM Monsento traité aux nitrates et pesticides
Je poserais le canon d'un magnum 357 sur ma tempe
Et pour me libérer...
Je me ferais sauter
Si j'étais l'amour...
Oh ouiiiiiiiiii... et si j'étais une femme !
Je commencerais par la fin de l'histoire de celles et ceux qui sont pour toujours maudits
Je saurais que l'essentiel c'est d'aimer les autres
D'aimer leurs différences
D'aimer ceux qui parlent et vivent librement
Que l'important est de garder mon esprit ouvert
Et puis je ne vivrais pas que de bons mots sur l'amour
Je vivrais d'abord l'amour dans ma chaire
Le plus souvent possible et partout où cela est bien
Sur mon lit dans ma chambre
Je me ferais sauter
Sur l'arc de triomphe tout en haut en regardant Paris
Je me ferais sauter
Dans un champs de fleurs sauvages au printemps d'un soleil doré
Je me ferais sauter
Pour tous les maudits de la Terre, leur inconscience, leur tristesse, leur inhumanité... je ferais l'amour avec mon cœur et j'aimerais la vie, et tout l'univers du vivant tous les jours jusqu'au soir de ma vie.
dimanche 28 avril 2013
Le portrait chinois par Amaranthe (bientôt 12 ans)
Si j'étais une feuille de papier
je me laisserai colorier
d'un pinceau fin et doré
qui me chatouillerai et me ferait rêver.
Une petite tache de marron
pour continuer ton inspiration
Et sur cette feuille de papier
il était marqué la recette de mon gâteau préféré:
un délicieux gâteau sucré,qui donne envie de le manger
et je serrai tout en chocolat
pour croquer dedans,
croquer la vie à pleines dents
et parcourir chaque instant toute sa saveur envoûtante.
Pour régaler tous les enfants
je serrai le vent
pour les faire voyager dans le temps
Et si j'étais la vie
je vous couvrirai de bonheur, je chasserai de vos yeux la pluie
et je les inonderai d’éclats et de chaleur.
samedi 20 avril 2013
Le portrait chinois par Adèle
...si j'étais....
je commencerai à l'heure du goûter,
un instant pour les papilles,
un pique nique de doux sucré,
mirabelles,framboises et myrtilles,
tartines tendres et grillées
et crème caramele au beurre salé.
...si j'étais...
je continuerai au crépuscule de la nuit
pour un grand concert gratuit:
un trio Harpe,Dobro et Contre Basse,
Dansez,sur cet air de bluegrass
Chantez,dansez belles âmes
Danser sur ces airs tziganes.
La nuit tombée,rock'n'roll assuré
pour des solos guitares envoûtes
à faire trembler les cervelets
et s'envoler les notes des portées.
Entracte surprenante et pas banale
solo de scie musicale
si si!
et si j'étais le final,
je rassemblerai tous ces talents
pour jouer ensembles jusqu'au soleil levant.
...et au petit matin,là sur le chemin
je serai un coquelicot, pour être là ou on ne l'attend pas
pour surprendre de mon rouge soudainement
et trembler à chaque pas
pour juste volé au vent
et perdre ma couleur au fil du temps.
je commencerai à l'heure du goûter,
un instant pour les papilles,
un pique nique de doux sucré,
mirabelles,framboises et myrtilles,
tartines tendres et grillées
et crème caramele au beurre salé.
...si j'étais...
je continuerai au crépuscule de la nuit
pour un grand concert gratuit:
un trio Harpe,Dobro et Contre Basse,
Dansez,sur cet air de bluegrass
Chantez,dansez belles âmes
Danser sur ces airs tziganes.
La nuit tombée,rock'n'roll assuré
pour des solos guitares envoûtes
à faire trembler les cervelets
et s'envoler les notes des portées.
Entracte surprenante et pas banale
solo de scie musicale
si si!
et si j'étais le final,
je rassemblerai tous ces talents
pour jouer ensembles jusqu'au soleil levant.
...et au petit matin,là sur le chemin
je serai un coquelicot, pour être là ou on ne l'attend pas
pour surprendre de mon rouge soudainement
et trembler à chaque pas
pour juste volé au vent
et perdre ma couleur au fil du temps.
lundi 8 avril 2013
Le portrait chinois par Saby (3)
Si j’étais
une musique, je serais une musique du désert
Le vent et
le sable seront mes gammes
Le vent
insaisissable et doux formera ma mélodie
Le sable
doux et fin s’unira à lui en harmonie
Je commencerais
lentement à rentrer en vous
Viendront ensuite
les notes plus sourdes pour prendre votre
cœur et le faire rythmer à mon rythme
Et quand
vous serez prêts je vous emmènerais avec moi
Là je vous
prendrais par la main et par le corps et je vous montrerais mon univers
Vous
tanguerez avec moi au rythme du vent et de la course des étoiles
Dans la
nuit fraîche ou la chaleur du sable rencontre le ciel et nos sœurs les étoiles
Vous entendrez
le bruit délicat de l’eau, source de vie
et nous
danserons ensemble jusqu’au bout de la nuit
samedi 6 avril 2013
Le portrait chinois par Josée
Si j'étais un soleil
Je réchaufferais vos cœurs
Je ferais briller les merveilles
Emprisonnées par vos peurs
J'accélérerais votre réveil
En diffusant ma chaleur
Si j'étais le vent
Je soufflerais sur vos pensées
Pour vous précipiter dans le présent
Et vous faire oublier le passé
Comme une tornade, j'arracherais du cœur des gens
Toute forme de négativité
Si j'étais l'eau
Je vous inonderais de joies
Je purifierais tous vos maux
Vous pourriez nager dans la foi
Je noierais tous les bozos
Qui adoptent de stupides lois
Je réchaufferais vos cœurs
Je ferais briller les merveilles
Emprisonnées par vos peurs
J'accélérerais votre réveil
En diffusant ma chaleur
Si j'étais le vent
Je soufflerais sur vos pensées
Pour vous précipiter dans le présent
Et vous faire oublier le passé
Comme une tornade, j'arracherais du cœur des gens
Toute forme de négativité
Si j'étais l'eau
Je vous inonderais de joies
Je purifierais tous vos maux
Vous pourriez nager dans la foi
Je noierais tous les bozos
Qui adoptent de stupides lois
vendredi 5 avril 2013
Le portrait chinois par Dodo
Si jʼétais une musique, je serai orientale, envoutante, obsédante... Une musique née dans
le désert, une musique venue du soleil. Je saurai te faire vibrer, te faire frémir si tu sais
mʼécouter...
Si jʼétais un paysage, je serai un coucher de soleil sur lʼocéan. Je remplirai le ciel de mille
feux avant de disparaitre, laissant derrière moi une impression dʼaccomplissement et de
paix...
Si jʼétais un arbre, je serai un peuplier, souple, réceptif, épanoui, ancré juste ce quʼil faut
pour pouvoir mʼépanouir dans lʼespace. Je saurai mʼadapter à toutes situations et je
saurai tʼémerveiller par ma grâce...
Si jʼétais une fleur, je serai une pâquerette et jʼannoncerai le printemps. Je me prêterai
volontiers au jeu des amoureux : «tu mʼaimes, un peu, beaucoup...». Je ne demanderai
aucun soin, juste la permission de vivre et mʼépanouir dans un coin de ton jardin....
Si jʼétais un animal, je serai un chat de gouttière, indépendant et solitaire. Mais si tu sais te
montrer digne de mon amour, je resterai près de toi...
Si jʼétais un plat cuisiné, je serai une tartiflette, parfumée et goûteuse. Je saurai te
réchauffer les soirs dʼhiver et tʼamener vers le bien-être....
Le portrait chinois par Bruno
si j'étais...
Une musique, je serais une vague timide et néanmoins ronflante de sons gutturaux, mélancoliques et fluets, qui
s'embraseraient en symphonies sournoises, paisibles et généreuses.
Un paysage ?
Une mer attelée négligemment à un brave col de montagne. (chantier pour un saumon)
Un arbre ?
Un frêne étroit, tout frêle et splendide, un peu mince, mais ambitieux, et donc tirant tout droit à un ciel si incertain qu'il en serait funeste, n'était-ce le pansement sourd de lourdes mais souveraines sociabilités atmosphériques flanqué par quelques foutus taillis de foyards et d'heureuses et solides futaies d'ifs. La forêt, quoi...:)
Une fleur ?
Je ne peux pas être une fleur. C'est réservé aux filles.
Un animal ?
Un chacal choqué par son espèce !
Un plat cuisiné ?
Une paëlla riche, abondante et grasse, avec moules, suif et bigorneaux.
Une musique, je serais une vague timide et néanmoins ronflante de sons gutturaux, mélancoliques et fluets, qui
s'embraseraient en symphonies sournoises, paisibles et généreuses.
Un paysage ?
Une mer attelée négligemment à un brave col de montagne. (chantier pour un saumon)
Un arbre ?
Un frêne étroit, tout frêle et splendide, un peu mince, mais ambitieux, et donc tirant tout droit à un ciel si incertain qu'il en serait funeste, n'était-ce le pansement sourd de lourdes mais souveraines sociabilités atmosphériques flanqué par quelques foutus taillis de foyards et d'heureuses et solides futaies d'ifs. La forêt, quoi...:)
Une fleur ?
Je ne peux pas être une fleur. C'est réservé aux filles.
Un animal ?
Un chacal choqué par son espèce !
Un plat cuisiné ?
Une paëlla riche, abondante et grasse, avec moules, suif et bigorneaux.
jeudi 4 avril 2013
Le portrait chinois par Saby (2)
Si j’étais
un fruit, je serais un abricot
De ma
couleur chatoyante et chaude et de mes courbes douces je donnerais l’eau à la
bouche avant qu’on ne me touche
À mon
toucher doux et ferme je donnerais l’envie de me croquer
À me
croquer, je laisserais cette mince
couche délicate de ma peau résister un
peu, juste un peu, juste un petit moment pour figer cet instant prémices de plaisir
Résister une
fraction de seconde avant de toucher ma pulpe fraîche et goûteuse pour me fondre et renaître.
mercredi 3 avril 2013
Le portrait chinois par Marc
Si j'étais un arbre
je serai cette petite excroissance souterraine née d'un jet de sève du
père se pelletonnant à mère racine et timidement s'étendant dans le
sol nourricier à tâtons ...
Je serai cette racine qui a pris de la vigueur et ose sans peur
s'élancer toujours plus loin en quête de liberté creusant son propre
chemin ...
Je serai cette jeune pousse vigoureuse qui s'arc boute maintenant vers
le soleil et qui étend ses jeunes rameaux loin de l'ombre de l'ancien,
apprenant le rythme des saisons, la force du vent,les bienfaits de la
pluie, la douce musique des oiseaux et ancrant mes propres racines
dans ce lieu choisi pour émerger...
Je serai cette arbre qui couvre maintenant la clairière de sa force,
les racines bien prises dans le sol et observant de ma hauteur cet
arbre qui m'a donné naissance ployer sous le poids de l'âge, les
branches cassées par l'outrage du temps et la tête coupée par un
ultime coup de foudre ...
Je serai cet ancien qui voit apparaître autour de lui de nouvelles
pousses vigoureuses cherchant à travers mon feuillage leur propre
espace sous le soleil tandis que mon corps vibre et leur retransmet la
douce symphonie du ciel comme une lente berceuse cosmique rythmée par
les étoiles ....
Je serai cette terre nourrie de mon corps affaissé, cette mousse
nourrie de mon écorce , ce papillon qui se pose sur ma branche cassée
dans les hautes herbes, cet oiseau nichant dans ma souche, je serai ce
souffle sans départ ni fin ...
je serai cette petite excroissance souterraine née d'un jet de sève du
père se pelletonnant à mère racine et timidement s'étendant dans le
sol nourricier à tâtons ...
Je serai cette racine qui a pris de la vigueur et ose sans peur
s'élancer toujours plus loin en quête de liberté creusant son propre
chemin ...
Je serai cette jeune pousse vigoureuse qui s'arc boute maintenant vers
le soleil et qui étend ses jeunes rameaux loin de l'ombre de l'ancien,
apprenant le rythme des saisons, la force du vent,les bienfaits de la
pluie, la douce musique des oiseaux et ancrant mes propres racines
dans ce lieu choisi pour émerger...
Je serai cette arbre qui couvre maintenant la clairière de sa force,
les racines bien prises dans le sol et observant de ma hauteur cet
arbre qui m'a donné naissance ployer sous le poids de l'âge, les
branches cassées par l'outrage du temps et la tête coupée par un
ultime coup de foudre ...
Je serai cet ancien qui voit apparaître autour de lui de nouvelles
pousses vigoureuses cherchant à travers mon feuillage leur propre
espace sous le soleil tandis que mon corps vibre et leur retransmet la
douce symphonie du ciel comme une lente berceuse cosmique rythmée par
les étoiles ....
Je serai cette terre nourrie de mon corps affaissé, cette mousse
nourrie de mon écorce , ce papillon qui se pose sur ma branche cassée
dans les hautes herbes, cet oiseau nichant dans ma souche, je serai ce
souffle sans départ ni fin ...
mardi 2 avril 2013
Le portrait chinois par Marie
- Musique
- Je suis son dans l'ordre dansant, partant du centre; couleurs d'une harmonie. Je danse sur l'ouïe d'une force d'écrin, mon nuage d'or.
- Paysage
- Mon vert de pins réglisse en pépins coule vers le fleuve, ruisselle en gouttes bleues riches et gargouillantes; herbe verte.
- Arbre
- Mon tronc brun de hautes cimes, je suis massif et branches en cieux, mes cheveux d'oiseaux par milliers éparpillés, au vent d'un dieu qui regarde l'humanité.
- Fleur
- Pétale jaune et cœur sensuel, effrontée sur ma tige verte, mon ivresse est printemps ondulant, le vent exhale le parfum de ma rose. D'une épine de sang, ma passion se fait sève.
- Animal
- Crinière chaude, mon pelage dodu et mes dents aiguisées sur les arbres trempés par l'eau. Ma large queue et mes ongles pointus, mes yeux rêveurs. Je suis l'âme des barrages, l' architecte des lacs.
- Plat cuisiné
- Tout sel, tout sucre, coulent miel et citron sur un chèvre de pain, coulent vin et cieux suaves, ces bons goûts minuscules, d'essences divines inspirants le goût pour l'idée.
Le portrait chinois par Dany
si j'étais un nuage, je serais de la suie ...
si j'étais une plage, je serais mazoutée la nuit ...
si j'étais un village, je serais en ruines ...
si j'étais un ermitage, j’espérerais la pruine ....
si j'étais un trollage, je serais un bit pourri ...
si j'étais un bidouillage, je serais ... bidouillit !
si j'étais une plage, je serais mazoutée la nuit ...
si j'étais un village, je serais en ruines ...
si j'étais un ermitage, j’espérerais la pruine ....
si j'étais un trollage, je serais un bit pourri ...
si j'étais un bidouillage, je serais ... bidouillit !
lundi 1 avril 2013
Le portrait chinois par Vaallochouka
Si j'étais, je ne serais...
Donc je suis.
Si j'étais un paysage
tu pourrais en être le jardinierLe portrait chinois par Saby
Si j'étais une fleur dans ton jardin
Je serai un lys qui illuminerai tes matins
Mon parfum et mon éclatante blancheur
Seront pour toi source de bonheur
J'embaumerai chacun de tes pas tel un voile
pour que tu puisses marcher au delà des étoiles.
Le portrait chinois par Michèle
Si j’étais
une musique,
Je serais
celle d’un violon sans archet,
L’illusion
d’une ombre,
Le mirage
d’une chimère,
L’imaginaire
d’un rêve,
Un cri sans
écho…
Si j’étais
un paysage,
Je serais
la mer et toi le sable,
La marée me
mènerait à toi,
La marée me
reprendrait,
Je me
bercerais contre toi,
Et puis
repartirais…
Si j’étais
un arbre,
Je serais
le refuge des enfants pas sages,
Et celui
des gens sans visage,
Celui aussi
de l’oiseau bleu.
Et de l’hippocampe ailé
dimanche 31 mars 2013
A L’ORIGINE : L’EMOTION.....
Lisez attentivement le texte ci-dessous et essayez à la manière de Julia Billet, de camper un
personnage en une ou deux lignes, puis en une très longue phrase décrivez l’émotion qui le traverse
et ses conséquences.
L’émotion peut-être positive ou négative :la joie, la tristesse, la colère, le calme, la haine, l’amour,
la jalousie, le contentement, la peur, le bien-être ect.... A vous de choisir...
Je suis noir du genre marron très foncé, les cheveux crépus, un mètre soixante et quinze , un
gaillard dégingandé, français et noir, jamais mis les pieds en Afrique ni aux Antilles, élevé au
Blédina puis aux kellogs corn flakes, au poisson pané et purée mousseline, j’ai seize ans et voilà
…je ne peux pas expliquer ce que cela m’a fait, je ne peux pas dire que j’ai senti la colère
monter, non, ce n’est pas cela, je n’ai rien vu arriver, une force à l’intérieur de moi, une force qui
m’était inconnue (je ne suis pas adepte du bodybuilding, j’ai même la carrure d’un gringalet, le
minus qu’on peut bousculer sans que cela ne porte à conséquence, sans omettre le fait que
vraiment, je suis un gentil), c’est parti d’un bloc, mon corps entier m’a échappé des mains, un
choc, une poussée d’adrénaline, moi qui jamais de ma vie n’avais fait de mal à une mouche et,
quand je vous dis pas de mal à une mouche, je ne plaisante pas, je suis défenseur des mouches
depuis mon plus jeune âge, j’arrachais enfant ces immondes langues poisseuses et assassines que
mes parents accrochaient dans la cuisine pour attraper les insectes, je cachais et allais jusqu’à
jeter la tapette à mouches, sorte de battes en plastique avec laquelle ma grand-mère adorait
parcourir la salle de séjour et les chambres mais je m’égare, alors comment est-ce arrivé, moi qui
ai un tel respect pour la vie sous toutes ses formes, je ne comprends pas pourquoi mon poing a
pu, en un seul coup, sans détour et sans intention de tuer cet homme qui m’était particulièrement
sympathique, avec qui j’avais passé une journée inespérée, alors qu’il m’a juste
demandé : « mais en fait, c’est quoi tes origines ? », c’est juste à ce moment-là que cette force
venue du dedans a emporté mon bras et que mon poing lui est tombé dessus, mort sur le coup.
Julia Billet / nouvelles / Petites histoires de quartier/2010
mardi 26 mars 2013
L'émotion par Michèle (3)
Je suis une
hache.
Une grosse
main calleuse m’use le manche depuis l’aube, m’obligeant à aiguiser ma lame sur
un gros tas de bois qui se renouvelle sans cesse…je n’en vois pas la fin… la
main est sans pitié, m’obligeant à fendre, à fendre, à fendre encore…je suis
épuisée, ce travail est monotone, je déteste attaquer le bois…je raidis mon
manche pour faire mal à cette main mais
c’est elle qui durcit et me serre encore plus…mes cris se perdent dans le bruit
du bois fendu… mes pleurs ne couvrent pas les halètements de la brute hirsute
qui me tient …alors je fends et je fends encore, la haine devient ma force, le
bois mon ennemi, la main mon arme….j’éclate de rire, la rage au fond de moi,
j’affûte ma lame et je fends…Soudain, la main s’arrête, elle me dépose…le
silence éclate….Il n’y a plus de bois devant moi…un oiseau s’envole au
loin… le soleil fait briller ma lame…un
doux parfum de fleurs me pénètre et m’enivre…Je suis bien, et j’en pleure.
lundi 25 mars 2013
L'émotion par Lola (2)
Vite, je marche vite, je suis en retard... un peu.... 3 minutes.... c'est déjà trop !
Pourtant je me sens flottée au gré de mes pas légers telle l'écume s'émoussant sur la mer, et de mes 40 ans (pas encore vieille, mais plus tout à fait jeune) je sens le temps qui creuse sur mon corps ses petits sillons rieurs qui s'amusent à transformer ma peau, mais moi je m'en fiche ! Moi, je sais que je vais te retrouver dans moins de 3 minutes et que tu aimes ma peau que tu pétris à chaque fois que nous faisons l'amour et c'est dans tes doigts, longs, majestueux, tendres et avides que je sens fondre mon corps qui palpite sous tes mains expertes, et c'est dans ton regard bleuté et lézardé d'envies inassouvies que je me sens frémir et que je perds la raison, et c'est sur tes lèvres douces et pulpeuses que je ressens toutes ces promesses tacites de baisers enivrants, de mots sensuels et de désirs tumultueux.... et je me dépêche... dans 2 minutes je vais retrouver tes bras, tes bras forts, musclés qui me protègent et me soulèvent hors du sol pour me faire atterrir dans ce lit, dans notre cocon charnel et impudique.... oui, c'est dans ce lit que mon corps et mon cœur résonnent à l'unisson d'un même battement vibrant ! Maintenant c'est dans 1 minute que je vais me blottir contre ton torse et tu me chuchoteras quelques mots doux qui me feront vaciller comme si je n'avais jamais rien entendu de plus merveilleux.... Ah, enfin je te vois... tu es là, le dos tourné ; je frissonne, j'hésite.... j'aime contempler ta silhouette longiligne, droite comme plantée dans la terre tel un vieux chêne qui regarde le monde sereinement comme si rien ne pouvait l'atteindre ; tu me cherches du regard parmi la foule et je sens les battements de mon cœur, plus intenses marteler ma poitrine et je me sens si vivante ... et nue aussi ! Nue comme le nouveau-né fragile qui tend ses mains pour appréhender le monde.... et je me pince les lèvres pour ne pas crier ton nom.... je déglutis comme pour ravaler les larmes de joie qui inondent mes yeux.... je me rappelle alors lorsque j'avais 15 ans j'étais amoureuse du plus beau garçon de la classe ! C'est ça, j'ai 15 ans et à cet instant je veux que le temps s'arrête, là ! nos regards se croisent et nous donnons au monde tout ce qui nous lie, nous réunit et nous unit ! Nous nous regardons et nous nous sourions simplement, je cours vers toi et j'entrouvre mes lèvres pour te dire "bonjour" ; alors j'entends une petite voix à peine audible, s'échapper de mon corps ... "je t'aime".
Pourtant je me sens flottée au gré de mes pas légers telle l'écume s'émoussant sur la mer, et de mes 40 ans (pas encore vieille, mais plus tout à fait jeune) je sens le temps qui creuse sur mon corps ses petits sillons rieurs qui s'amusent à transformer ma peau, mais moi je m'en fiche ! Moi, je sais que je vais te retrouver dans moins de 3 minutes et que tu aimes ma peau que tu pétris à chaque fois que nous faisons l'amour et c'est dans tes doigts, longs, majestueux, tendres et avides que je sens fondre mon corps qui palpite sous tes mains expertes, et c'est dans ton regard bleuté et lézardé d'envies inassouvies que je me sens frémir et que je perds la raison, et c'est sur tes lèvres douces et pulpeuses que je ressens toutes ces promesses tacites de baisers enivrants, de mots sensuels et de désirs tumultueux.... et je me dépêche... dans 2 minutes je vais retrouver tes bras, tes bras forts, musclés qui me protègent et me soulèvent hors du sol pour me faire atterrir dans ce lit, dans notre cocon charnel et impudique.... oui, c'est dans ce lit que mon corps et mon cœur résonnent à l'unisson d'un même battement vibrant ! Maintenant c'est dans 1 minute que je vais me blottir contre ton torse et tu me chuchoteras quelques mots doux qui me feront vaciller comme si je n'avais jamais rien entendu de plus merveilleux.... Ah, enfin je te vois... tu es là, le dos tourné ; je frissonne, j'hésite.... j'aime contempler ta silhouette longiligne, droite comme plantée dans la terre tel un vieux chêne qui regarde le monde sereinement comme si rien ne pouvait l'atteindre ; tu me cherches du regard parmi la foule et je sens les battements de mon cœur, plus intenses marteler ma poitrine et je me sens si vivante ... et nue aussi ! Nue comme le nouveau-né fragile qui tend ses mains pour appréhender le monde.... et je me pince les lèvres pour ne pas crier ton nom.... je déglutis comme pour ravaler les larmes de joie qui inondent mes yeux.... je me rappelle alors lorsque j'avais 15 ans j'étais amoureuse du plus beau garçon de la classe ! C'est ça, j'ai 15 ans et à cet instant je veux que le temps s'arrête, là ! nos regards se croisent et nous donnons au monde tout ce qui nous lie, nous réunit et nous unit ! Nous nous regardons et nous nous sourions simplement, je cours vers toi et j'entrouvre mes lèvres pour te dire "bonjour" ; alors j'entends une petite voix à peine audible, s'échapper de mon corps ... "je t'aime".
L.émotion par Clad (3)
Du
haut de mes seize ans, je suis peut-être jolie mais je n’en crois rien, avec ma
crinière rousse et mes yeux vairons, j’entends dire que je suis étrange et on
se moque de mon air un peu perché, comme si j’étais à la fois ange et sorcière,
désirable à distance, doucement inquiétante…
c’est
vrai que ce matin, le réveil s’est incrusté dans mon cœur comme un pieu dans
celui d’un vampire, je ne sais pas quel fut le voyage de ma nuit mais j’avais
du traverser des contrées hostiles, des chemins de Hurlevent à damner les
nuages, c’est sûr que j’ai croisé ma mère et ça n’a pas fleuri mon paysage, la
grisaille a tambouriné à la fenêtre et j’ai rejoint la cuisine avec des bottes
de sept tonnes, et là j’ai explosé, de la rage avec du désespoir comme un jus
de fruits blets, il était assis à la table avec son café froid, le regard
invisible accroché au brouillard de sa dérive, lui, mon père qui s’était perdu
dans les marécages de la honte, qui errait dans les boues jetées par un ciel
carnassier, les épaules enferrés dans le joug d’une bête de somme, le nez collé
à la glaise, les mains gelées dans la carcasse de l’abandon, je n’ai pas retenu
ma voix qui est montée comme une lave incandescente, ni contenu la colère
d’être en vie au-delà de tout, au-delà de cette baraque éteinte au milieu d’un
no man’s land, au-delà de cette banlieue construite avec des cendres, j’ai
allumé l’incendie comme un inquisiteur du haut moyen-âge, sa mèche de cheveux
sans goût a tremblé comme une gelée amère, il a bu mes assauts comme un soldat
désarmé, tu n’es rien, je ne peux plus t’appeler papa, tu ressembles à un
fantôme qui cherche après son drap pour se cacher, alors que tu n’as même plus
la force de t’affirmer au moins comme un homme, au mieux comme un rat, regarde
toi fondre comme une bougie sans flamme, maman est partie et elle a eu raison,
qui voudrait dormir encore à côté d’un chiffon sale qui respire la poussière,
ton sang a déserté la plaine et tu n’es qu’un bois mort au milieu des ténèbres,
j’ai seize ans aujourd’hui et j’ai l’impression d’être en bière quand je te
regarde…j’ai claqué la porte quand il a levé ses yeux mornes avec au fond de la
gorge un murmure indistinct, « Clara… », j’étais partie, un volcan
répandu sur la route, un ouragan décidé à raser la région, la ville, le
quartier, le collège…où je suis arrivée abasourdie, vidée de toute énergie,
aspirée par un tourbillon de métal en fusion, j’ai avancé hésitante au milieu
de ces gens, le ciel d’acier a fait tomber quelques copeaux de son eau claire
et froide, le temps d’apercevoir le petit caïd se détacher nonchalamment de son
muret, je n’avais rien à lui dire, juste lui cracher mon mépris, juste lui
faire comprendre qu’il polluait mon espace, juste le…et une ombre s’est interposée,
une silhouette que je connaissais à peine, une espèce de funambule original suspendu
entre Mars et Vénus, Léo si ma mémoire n’était pas trop mauvaise, il m’a pris à
revers et je n’ai rien vu venir, il m’a tendu une feuille du vieux marronnier en
me souhaitant un bon anniversaire, avec une phrase du Petit Prince comme une
cerise sur le gâteau, tellement surprise, redescendue en un souffle sur cette
tendre terre, quelques secondes figées entre le temps et l’immobilisme, je lui
ai souri, il a repoussé le caïd dans sa zone ordinaire, le ciel a enfin pu se
répandre et mon rire avait retrouvé son éclat de soleil.
dimanche 24 mars 2013
L'émotion par Saby (3)
Je suis
assise dans la classe et je pleure...la maîtresse avait demandé hier de dessiner quelque chose avec pour seule couleur le bleu.
Le soir en
rentrant à la maison je me suis mise à mon bureau et j’ai dessiné des étoiles…le
bleu profond du ciel presque noir de
bleu tellement il est insondable, les étoiles avec leur reflets scintillant ou
toute les gammes de bleus se fondent et se confondent…le lendemain en rendant
mon devoir je ne m’attendais pas à cette réaction..ma maîtresse qui était
pourtant si gentille m’as ris au nez, elle m’as dit que j’avais triché et que c’était
moi qui devait dessiner et pas une autre personne…je suis resté sans voix, les
larmes commençaient à monter en moi et la colère aussi….pourquoi elle ne me
croyait pas ? pourquoi elle m’as ris au nez devant toute la classe en disant
que j’avais triché ? c’était mon dessin, j’y avais passé presque la moitié de
la nuit à le faire et je me sentais tellement fière de lui montrer de quoi j’étais
capable…dans la classe tout le monde à ris et se sont moqués de moi..je
voulais disparaître et ne plus exister jamais !
je suis
assise dans la classe et je pleure…je tourne la tête vers la fenêtre et regarde
cet immense platane dans la cour, il est seul lui aussi au milieu du béton…ses
feuilles dansent au vent, son tronc est fort et droit et il se dresse vers le ciel
avec majesté, les oiseaux virevoltent autour de lui et chantent une chanson que lui seul comprend…quand je serais grande je serais comme toi et plus rien ne pourra m’atteindre..
L'émotion par Clad (2)
Je m’appelle Léo, je flirte
avec la puberté et je ne sais pas comment m’y prendre, les mains moites à
torturer les poches de mon jean, avec cette crête qui ne veut pas se tenir
tranquille sur mon crâne…
je ne sais pas ce qu’il a de
plus, je ne comprends pas pourquoi son allure cool est plus cool que la mienne,
et je ne saisis pas ce que sa petite gueule attire dans les yeux des filles,
toutes les filles, une fille… Clara, moi aussi j’ai l’Ipod collé dans les
oreilles, mais ce n’est pas l’ambiance de la FM qui m’abrutit, j’écoute Le
Petit Prince, lu par un acteur dont je ne me rappelle pas le nom, Le Petit
Prince à quinze ans, et j’en ai rien à foutre qu’on me prenne pour un crétin
bizarre, mi intello mi serial killer en devenir, toi tu me mattes de travers et
mes yeux te font peur, pourtant je suis cool, tu comprends rien parce que tu
sais pas regarder au cœur de la vie, tu te contentes de la surface, tu n’as pas
la classe pour envahir l’espace de Clara, j’avance dans la cour, tu as posé ton
cul Levi’s délavé sur le muret, les Ray Ban vissées sur tes yeux qui sont le
miroir du vide, pas de l’âme, tu crois que je te hais et que je suis jaloux, tu
penses que tu as déjà raflé tous les prix, que tu es le gagnant sans avoir joué…les
feuilles du vieux marronnier font leur dernier vol plané, tu ne les captes pas
toi les feuilles du vieil arbre, ni les martinets qui volent en rafale au plus
bas, tu la sens la pluie qui va tomber comme un cri de rage, non tu ne sens
rien, t’es juste cool avec ton Levi’s et ton sourire délavé, je ralentis,
« c’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si
importante », ça résonne dans mes tympans, qu’est-ce que tu en sais toi de
cette rose derrière tes Ray Ban trop fun, je regarde les autres qui rigolent,
les premières gouttes s’écrasent sur le bitume de la cour, les feuilles de
marronnier font un ultime looping, je ne t’oublie mon vieux copain d’écorce
rude, mon pote, je reprends mon allure, quelques profs discutent avec la molle
passion des enseignants blasés, toi tu ne vois rien de ce qui vibre autour de
toi, tu as juste ton assurance d’être le plus fort, tu ne doutes de rien mais
je connais un arbre qui se moque de ta face, je côtoie des oiseaux qui te
regardent de haut, car tu vaux que dalle, j’avance d’un pas décidé, le ciel
m’accompagne avec sa horde de nuages menaçants, je vais réajuster ce qui doit
l’être, tu vas sentir ce que c’est de m’avoir humilié comme un bourrin, parce
que t’es vraiment con, tu ne t’en rends pas compte mais tu es zéro, et c’est pour
ça que tu ne mérites pas la vraie beauté de Clara, elle est là, à quelques pas,
je te vois te lever sans grâce, tu es cool, je suis sur vous, Clara, tu es
belle et tu n’as rien à voir avec cet apprenti beauf, je glisse ma main dans ma
veste un peu grunge, c’est pour ton anniversaire, cette feuille vient de mon
copain derrière, elle a surfé sur tous les vents pour t’apporter ce message,
« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les
yeux », elle me regarde surprise, avec des yeux qui me demandent d’où je
viens, de quelle époque je sors pour penser à ce genre de truc, je suis cool
moi aussi, j’ai un Ipod qui parle du Petit Prince, à quinze ans, peut-être bien
que je suis fou, elle me sourit enfin, je savais qu’elle comprendrait ça… et
toi tu arrives trop tard, tu as changé de tête, mais j’ai aussi un cadeau pour
toi, même si ce n’est pas ton anniversaire, « voilà un beau marron, garde
le et pense que c’est celui que j’aurais tant voulu imprimer dans tes Ray Ban »,
la pluie se déchaîne, Clara éclate de rire, moi aussi je suis cool.
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